Martinet à ventre blanc, Martinet alpin EFFECTUER UN SIGNALEMENT
Niveau de connaissances :
Classification
Nom scientifique : Tachymarptis melba (Linnaeus, 1758)
Nom vernaculaire : Martinet à ventre blanc, Martinet alpin
Nom corse :
Classe : Aves
Ordre : Caprimulgiformes
Famille : Apodidae
Caractéristiques
Le Martinet à ventre blanc est le plus grand des martinets européens. Son corps fuselé est bicolore : le dessus est brun foncé et le dessous entièrement blanc barré d’une bande pectorale brune. La tête large est munie d’un petit bec noir, triangulaire, légèrement recourbé à son extrémité. Les tarses sont courts et se terminent par quatre doigts épais munis d’ongles robustes. L’aile, très longue, en faucille, dépasse l’extrémité de la queue au repos et est adaptée à un mode de vie aérien. La queue est courte et fourchue. Il n’existe pas de dimorphisme sexuel. Le plumage des jeunes est identique à celui des adultes à la différence, invisible en vol, que les plumes des jeunes sont bordées d’un liseré blanc.
Comme la plupart des martinets, le Martinet à ventre blanc passe la majeure partie de sa vie en vol.
Régime alimentaire : Il est essentiellement composé d’insectes capturés en vol. L’éventail est très large : hémiptères, hyménoptères, coléoptères, etc.
Taille moyenne : 20 à 22 cm pour une envergure de 54 à 60 cm.
Poids : environ 100 g.
Longévité : 15 ans.
Reproduction : Le nid est une coupe composée de débris végétaux et de plumes collés avec de la salive à la paroi d’une grotte ou d’une cavité rocheuse. Les martinets à ventre blanc peuvent réutiliser le même nid d’une année sur l’autre. La ponte intervient en la mi-mai et la mi-juin et contient entre 1 et 4 œufs. L’incubation, assurée par les deux partenaires, dure entre 18 et 22 jours. L’alimentation des poussins s’effectue par régurgitation des proies sous la forme d’une balle compactée par la salive. Les jeunes sont nourris pendant 54 à 66 jours et restent attachés au nid après leur envol et avant le départ en migration.
Localisation : Le Martinet à ventre blanc se reproduit du sud de l’Allemagne jusqu’en Afrique et à Madagascar, et de l’Iran jusqu’en Inde. En Corse, son aire de distribution englobe le Cap Corse, la chaine de montagne centrale et les régions Ouest et Sud.
Habitat : C’est un oiseau rupestre qui habite essentiellement les sites à climat chaud. A la différence du Martinet noir (Apus apus), cette espèce montre une nette préférence pour les sites naturels mais peut s’adapter aux sites urbanisés. En Corse, on le rencontre du niveau de la mer jusqu’à 1 500m d’altitude et sur quelques ilots rocheux (Giraglia, Pori, Scandola, Capo rosso, Sanguinaires). Il niche dans les grottes, les crevasses et les escarpements des massifs montagneux mais il peut aussi nicher dans des bâtiments comme la citadelle de Bonifacio ou certains palazzi du Cap Corse.
Mobilité : Le Martinet à ventre blanc est une espèce migratrice transsaharienne.
Statuts de conservation et de protection
- Convention de Berne : Annexe II (IBE2)
- Liste rouge européenne (LC)
- Liste rouge mondiale (LC)
- Liste rouge nationale (LC)
- Liste rouge régionale (LC)
- Protection nationale (NO3)
- Protection nationale (GO3)
- ZNIEFF Déterminantes
Problématique actuelle
La diminution des populations d’insectes, la destruction des sites de nidification lors de la rénovation de bâtiments anciens, la prédation par les rats et le dérangement par les humains pendant la reproduction sont les principales menaces pour l’espèce.
En milieu urbain, la conservation des anfractuosités dans les vieilles bâtisses et l’aménagement de cavités dans les constructions modernes sont indispensables au maintien des colonies. Le Martinet à ventre blanc occupe aussi volontiers les nichoirs qui sont mis à sa disposition.
Études
Aucune étude n’a été réalisée sur cette espèce en Corse mais les zones de nidification sont relativement bien connues.
Répartition
Bibliographie
- Bonifay E., Bassiakos Y., Bonifay M. F., Louchart A., Mourer-Chauviré C., Pereira E., Salotti, M. , 1998 - La grotte de la Coscia (Rogliano, Macinaggio): étude préliminaire d'un nouveau site du Pléistocène supérieur de Corse. Revue d'Archéologie Préhistorique, 10 (1):17-41
- Braschi J., Brau Y., Bru M., Delaugerre M., Dutouquet L., Faggio G., Linossier, J., Médail F., Papet L., Petit Y., Ponel P., Tankovic E.,, 2023 - Biodiversité terrestre de Gargalu et Garganellu (Réserve naturelle de Scandula) – Biodiversité terrestre des îlots de Gargalu et Garganellu (Réserve naturelle de Scandula). Note naturaliste PIM - Missions 2022-2023. Marseille, 1-139
- Faggio G., Jolin C., 2005 - Inventaire de l’avifaune en période nuptiale sur cinq zones de protection spéciales en Corse (directive oiseaux 79/409), 75 p.
- Jolin C., Faggio G., Bonaccorsi G., Commerçon R., Hacquemand D., Vuillamier JM., 2014 - Les oiseaux en Corse. Stantari - Kyrnos publications, HS n°4:161 p.
- Linossier J., 2016 - Listes rouges régionales UICN des oiseaux nicheurs, des reptiles et des amphibiens de Corse. Document d'étape. CEN de Corse, DREAL, OEC
- Thibault JC, Bonaccorsi G., 1999 - The birds of Corsica. British ornithologists' union, 171 p.
- Thibault JC., Claveul D. , 2006 - Acelli di Corsica - Connaître les oiseaux de Corse. Albiana
- Thibault J.C., Legrand N., Lepori L., Rossi A., Cibois A., 2022 - Les martinets (Apodidae, Aves) de la ville de Bastia, Corse. Bulletin de la société des sciences historiques et naturelles de la Corse, 774-775:131-151
Rédaction fiche : Conservatoire d'Espaces Naturels de Corse